
Comme le disait si adéquatement(!) la très crédible Ève-Marie Lortie, "je pense que des élections seront enclenchées aujourd'hui". Oui, on en enclenche des élections, mais un déclenchement ferait aussi l'affaire n'est-ce pas?
Je réalise ce matin que, malgré mon intérêt prononcé pour le monde politique, il n'en demeure pas moins que je ne suis aucunement en position d'appuyer aucun des 3 principaux politiques avec un enthousiasme délirant. En anglais, ma position se résume ainsi: anybody but...
Et pour moi, le nom qui se trouve à la suite des points de suspension: Jean Charest. Opportuniste, manipulateur, condescendant, arrogant, entêté et incapable de reconnaître ses erreurs. Le Premier Ministre dirige d'une main de fer un gouvernement d'extrême centre, qui déçoit sans surprise la gauche, mais qui, de façon surprenante, mécontente également la droite. Le pouvoir d'achat des citoyens a-t-il augmenté? L'État est-il géré plus efficacement, de manière à contrôler la dette et favoriser la croissance économique? Poser la question, c'est y répondre! La gestion à la petite semaine, la création de controverses ridicules au lieu de travailler à régler les grands enjeux actuels, tels le vieillissement de la population (Suroît, écoles juives, Orford) sont autant de raisons qui font que je ne peux contribuer à la réélection de ce gouvernement. Sans compter que je ne peux supporter les tendances autocratiques de Charest; il suffit de se rappeler le traitement qu'il a réservé à Thomas Mulcair, Marc Bellemare et Pierre Paradis. La disparition de l'esprit critique chez les députés gouvernementaux, bien que compréhensible dans les circonstances, n'en demeure pas moins préoccupante. Le sort réservé aux candidats vedettes de 2003, en considérant que seul Philippe Couillard occupe un poste clé parmi ces vedettes des dernières élections, devrait faire grandement réfléchir les recrues de cette année.
Le phénomène B

oisclair, maintenant... Il y a quelques années, je croyais fermement que le Ministre de l'Environnement sous Lucien Bouchard ferait un excellent chef de parti. Par après, au moment de la course au leadership du PQ, à la suite de la démission de Bernard Landry, j'étais convaincu qu'il gardait un profil bas pour ne pas que les éléments d'extrême gauche ne se braquent à outrance contre son idéologie de centre-droite. Mais depuis son élection, je suis sidéré, et pas du tout dans le sens positif du terme! Le voir s'exprimer comme dans un mauvais vaudeville me déçoit au plus haut point, quand je ne ris pas par dépit! Et surtout, il semble avoir oublié que le contenant, aussi attrayant soit-il, nécessite un contenu. Le programme du parti québécois, voté par les militants en bonne et due forme, selon les règles traditionnelles de fonctionnement du parti, peut être rejeté vulgairement de la main par le chef une fois en place, lui qui en avait pourtant chanté les louanges durant la course au leadership. Sans compter que le jugement me semble capital, et André Boisclair, frasque après frasque, semble vouloir convaincre les Québécois qu'il pour le moins imprévisible...

Finalement, Mario Dumont. Libre penseur, ennemi de la langue de bois, il n'hésite pas à sortir des sentiers battus. Après avoir passé des années à refuser de statuer sur sa position constitutionnelle, il a finalement accouché de l'autonomisme, doctrine qui consiste finalement à tolérer la fédération canadienne si cette dernière accorde des pouvoirs substantiels au Québec. Mais, défaut majeur: existe-t-il une équipe autour du jeune leader charismatique? Et surtout, va-t-il constamment changer son programme politique pour l'adapter à la saveur du mois? Certes, il a fait preuve de courage (certains diront de démagogie, c'est selon) en forçant les autres leaders politiques à se prononcer sur la question des accommodements raisonnables. Mais pourquoi appuyer la centralisation des villes il y a 4 ans pour soudainement prendre le parti des villes défusionnées du West Island? Cette propension à jouer à la girouette dans certains dossiers nuit considérablement à son image de potentiel chef d'État.
Pour qui vais-je voter? Anybody but...