24 mars 2007

Quelques réflexions en condensé


Après quelques jours d'absence forcée, pour cause de non accès à Internet, me voici de retour, plus en forme que jamais. Je me propose donc de commenter en bref les événements des derniers jours, sur le plan politique.

Budget fédéral, ou comment jouer au Père Noël avec l'argent des sables bitumineux. Stephen Harper a réussi, chose rare, à susciter pratiquement l'adhésion de touts les groupes d'intérêts, à l'exception des environnementalistes. Mais pourrait-il en être autrement, quand le gouvernement fédéral nage littéralement dans les surplus? Je dois cependant admettre l'excellence de la politique de remboursement de la dette, et surtout la législation qui réduit automatiquement les impôts du même montants que les intérêts épargnés par la réduction de cette dette. Par ailleurs, le Premier ministre manifeste une volonté claire d'ouverture, au sujet du déséquilibre fiscal. Mais comme le dit un proverbe chinois: "Donne-moi un poisson à une personne, et tu la nourris pour la journée. Montre-lui à pêcher, et tu la nourriras pour la vie." Ce même principe s'applique au déséquilibre fiscal: bien que d'importantes sommes aient été allouées, il n'en demeure pas moins qu'aucun caractère de permanence n'accompagne ce "règlement définitif": aucun transfert de points d'impôts aux provinces ou de partage de la TPS, par exemple. Et, de surcroît, au-delà des sommes d'argent supplémentaire, gardons en tête que plus de péréquation signifie un Québec pauvre. Souveraineté ou pas, il est temps de voir que l'empereur est nu! L'économie du Québec, particulièrement dans le secteur manufacturier, dépérit à vue d'oeil. Des réinvestissements visant à améliorer la productivité et l'innovation des entreprises doivent être accomplis dans les plus brefs délais.

Et surtout, ciel! Comment peut-on crier pendant des années que "l'argent est à Ottawa et les besoins à Québec", pour aussitôt octroyer une partie des fonds supposément essentiels d'Ottawa en baisse d'impôts en guise de promesse électorale désespérée? Merci monsieur Charest, comme si le cynisme ambiant avait besoin d'être alimenté...

13 mars 2007

Au sortir de l'arène des gladiateurs

Je suis impressionné, un débat des chefs durant lequel je n'ai pas eu envie de zapper; mon intérêt était maintenu de façon vive et constante. Je ne crois pas qu'il y ait de grand gagnant, la bataille électorale va continuer à faire rage au cours des deux prochaines semaines.

Jean Charest s'est présenté avec prestance. Manifestement, il voulait incarner une image de chef d'État. Pari réussi à cet égard. Cependant, il ne pouvait pas répéter la stratégie de 2003, où il avait exploité une pseudo-controverse concernant une déclaration de Jacques Parizeau. Dans la même optique, il ne pouvait faire preuve de démagogie à outrance. Il a vanté ses réalisations en santé, tout en reconnaissant que beaucoup reste à accomplir, une manifestation d'humilité qui ne lui est pas coutumière. Et le fait de blâmer à de nombreuses reprises les erreurs du gouvernement du PQ met en lumière ses difficultés à défendre son propre bilan: un peu comme un enfant dans une cour d'école: "C'est pas moi, Madame, c'est lui qui a commencé!". Il n'a pas réussi à se porteur d'une vision d'avenir pour le Québec, tant il était occupé à projeter une image zen et en contrôle: au-delà des bonnes intentions, quel type de société propose le chef du parti libéral?

André Boisclair n'avait rien, mais absolument rien à perdre, tant les gens avaient une perception négative de lui. Il est arrivé préparé, confiant, avec une maîtrise générale de ses dossiers. Mais parler souveraineté quelques minutes, est-ce suffisant pour convaincre le Québec de le suivre sur la voie de l'indépendance? Les militants radicaux ne pourront accepter de former encore une fois le "bon gouvernement", et ce, même si les citoyens considèrent majoritairement qu'il ne s'agit pas d'une priorité. Le chef du Parti québécois a tenté de trancher ce noeud gordien, avec un résultat somme toute acceptable. Cela rappelle la "double pensée" orwellienne: un message pour les militants péquistes, et un autre pour l'ensemble des électeurs. Mais quelle manie agaçante de toujours annoncer qu'il allait poser une question: "Je vais vous poser une question très précise", pour ensuite la poser, certes, mais après quelques inévitables envolées lyriques qui tuaient l'élan qu'il s'était donné quelques secondes auparavant. Cependant, il s'est fait mordant, quoique peu à l'écoute. Il aurait eu avantage à saisir au bon la balle que lui tendaient parfois ses adversaires au lieu de persister à 4 ou 5 reprises à obtenir une réponse à sa question.

Mario Dumont était celui, à mon avis, qui avait le plus à perdre dans ce débat. Le sous-marin adéquiste a émergé au cours de la présente campagne électorale, à la stupéfaction générale. Si un chat a neuf vies, Dumont doit avoir des traits félins: il en est déjà à sa 4e élection! Il se devait de consolider ses appuis tout nouveaux, car la mobilité des adéquistes est la plus élevée parmi les grands partis. Il n'a pas eu de difficulté à établir le contact télévisuel, fidèle à son habitude. Cependant, il a évité de répondre à plusieurs questions embarrassantes, notamment à celle d'André Boisclair au sujet de la marge de manoeuvre disponible au Québec, ou encore à la remarque de Jean Charest concernant la faiblesse de son équipe. Mais il a sorti, de l'aveu même du Premier Ministre, un lapin de son chapeau: un document compromettant sur le viaduc de la Concorde, violant au passage les règles du débat, établies de façon consensuelle entre les trois partis. Du populisme à son meilleur, mais diablement efficace!

Un gagnant? Chacun a raison de son propre point de vue, alors tous les chefs pourront dormir ce soir le sourire aux lèvres. Mais aucun n'est en mesure de triompher, la fin de la campagne s'annonce passionnante. Le reste est maintenant entre les mains des "Québécois et Québécoises"!

12 mars 2007

En deux mots

Chantal Hébert à "Tout le monde en parle", quel présence brillante! Je suis impressioné par cette analyste politique qui fait preuve d'un esprit critique remarquable, et ce, peu importe le parti politique ciblé dans le cadre de ses analyses. Elle n'est pas surnommée le pit bull d'Ottawa sans raison!

Pour la postérité: "Monsieur Dumont est un politicien de droite, il s'excite difficilement."

7 mars 2007

Le spectre de la partition ou le bonhomme 7 heures libéral

Que faire quand le bilan d'un gouvernement, plus qu'ordinaire (voir ma prise de position politique du 21 février pour éviter toute redondance) commence à manquer d'arguments pour convaincre les branches indécises de l'électorat de se ranger de son côté, de "se pincer le nez et de voter libéral", comme le disait Pablo Rodriguez à l'époque du scandale des commandites?

Sortir des épouvantails du placard, bien entendu! Après la menace - chantage fort prévisible - de la disparition des avantages du prochain budget fédéral, advenant l'élection du PQ, le chef du parti libéral récidive, avec l'évocation de la partition du Québec advenant une victoire du oui. Alors que selon moi, tout Premier Ministre du Québec, fédéraliste ou souverainiste, devrait défendre avec conviction l'intégralité du territoire du Québec, en tout temps.

Petit aparté. Fatigué d'entendre les mêmes analyses au sujet de la campagne électorale? Ma suggestion: une entrevue "trash-baveuse-intello-" qui a incité les autorités du parti libéral à boycotter le verbomoteur Gilles Proulx pour le reste de la campagne électorale: il suffit d'écouter cet entretien avec Ritha Cossette, candidate du parti libéral du Québec dans Mirabel, pour revivre les folles envolées lyriques de l'animateur et mourir de rire! Un authentique freak show!

6 mars 2007

Montréal -40°C, c'est plus qu'une toune de Malajube!

Est-ce qu'il y a un ours polaire dans l'autobus? Non, mais faire jouer cette toune dans mon char durant ce qu'il convient d'appeler un froid sibérien, voilà qui relève indubitablement de l'application concrète!

Nah, mais là sans farce, la routine du travailleur (car oui, je crois que même la profession la plus dynamique au monde finit inévitablement par entraîner une répétition d'un certain nombre d'actions) m'oblige à accomplir des gestes que je méprisais avec ardeur durant mes sessions d'études: regarder la météo... Hé oui, pas le choix de prévoir un froid ou une tempête. Ça a toujours été le cadet de mes soucis à l'université, héhé!

Sujet # 2 du jour: la tempête Kovalev déferle sur Montréal et fait oublier à une grande partie de la population l'existence d'une campagne électorale. Moi, ce qui me dépasse, c'est de constater à quel point les partisans sont prêts à gober n'importe quelle bullshit en guise de manifestaiton d'amour à leur équipe chérie! On a l'équipe qu'on mérite, tant en politique que dans le monde du sport!

5 mars 2007

Kovalev ou le énième épisode du roman savon du Canadien

Après l'affaire Théodore, l'affaire Malakhov, voici l'affaire Kovalev, comme quoi le changement dans la continuité, c'est pas juste en politique! Ron Ron Ron s'en donne à coeur joie, toujours aussi mourrant à entendre à "Bonsoir, les sportifs".

Kovalev, dans une entrevue accordée à une journaliste russe, s'en donne à coeur joie quand vient le temps de critiquer son équipe. Un article documenté, fouillé, et supporté par une journaliste russe crédible. Et le grand joueur (souligné au crayon gras) de tout nier en bloc, évidemment! Mais le fait est que Kovalev, bien que manquant cruellement de solidarité, relate en fait une série de vérités de la Palice: présence de cliques chez le Canadien, individualisme primaire chez les joueurs, manque d'éthique de travail...

Le point principal, cependant, demeure que Kovalev, malgré sa grande gueule, ne prêche pas par l'exemple sur la glace. Et c'est là que ça se passe...