8 mai 2007

Le roi est mort, vive le roi!

Le départ d'André Boisclair était devenu inimitable. Avec tous les couteaux qu'il avait reçus dans le dos, il aurait pu se munir d'un nouvel ensemble d'argenterie! Ça me rappelle un jeu d'arcade que j'avais découvert l'été dernier, lors de mon séjour en Alberta. Au lieu des jeux traditionnels de course ou de combat, le jeu dominant s'intitulait: "Shot the deer", idéal pour le chasseur qui sommeille en chacun de nous. Je voyais Boisclair tel cette proie traquée, à la différence que Boisclair a eu un dernier sursaut d'énergie avant de s'éteindre politiquement.

Par ailleurs, cette démission n'altère en rien le cannibalisme, intrinsèque au PQ depuis des années. Who's next? Avant de blâmer le prochain chef dans 2 ans, il serait avisé de s'interroger sur la référendite aigüe, et surtout, de se demander si un programme qui propose essentielle l'immobilisme et la pensée magique peut plaire aux Québécois aujourd'hui. Au-delà du dogmatisme, il faudra transiger vers le nécessaire pragmatisme, quitte à déclencher une guerre civile dans le parti. Mais quelle serait la différence avec la situation actuelle?

1 commentaire:

PT a dit...

Je crois sincèrement que le problème avec Boisclair est triple.

D'abord, le PQ est, à peu d'éléments près, un parti plutôt de gauche. Or la gauche de tous les pays "civilisés" en est à un "épuisement programmatique". D'autant que, fin de l'Histoire oblige!, tout contre-choix au libéralisme est mort avec l'écrabouillement de la vulgate socialiste; que la "social-démocratie" doit accepter le jeu plus ou moins unidirectionel de l'économisme de marché, de l'individualisme économique! Le blairisme (cette 3e voie) et le PS français en sont une autre preuve dans la mesure où Ségo se posait comme une femme assez inclassable, sexiste et voulant, qui plus est, faire les beaux yeux à un électorat qui se stabilise dans cette fin de l'Histoire. Pour reprendre les termes de Marcel Gauchet, aucun des candidats des présidentielles françaises se démarquaient nettement, les uns empruntant les idées des autres. Ségo n'a-t-elle pas déblatéré contre la porno... et suscité l'ire des féministes les plus écervelées? On assiste donc à une décomposition des partis traditionnels, au profit des forces centripètes du libéralisme, de la fin de l'Histoire et j'en passe et des meilleures. L'heure est, pour tout dire, au recentrage du PQ, tout comme toute la gauche...

Puis, nous traversons - problablement dans le sillage des États-Unis - une ère conservatrice! Il me semble que les populations occidentales vidangent toutes les girouettes gauchistes, ce qui n'est pas sans passer à la trappe des gens sensibles comme André.

Enfin, André n'a jamais été un bon chef. Élu sans pouvoir codifier le programme du parti lui-même, André ne pouvait pas défendre ses propres idées, quelque libérales soient-elles.

Ultimo, il revient autant à la base du PQ qu'à son prochain chef de prendre acte de ce qui précède.

Aussi le Québec semble-t-il par trop dominé par les acteurs privés et syndicaux. J'ai de plus en plus l'impression que les mouvements sociaux jettent des torrents de poudre aux yeux à la population via les spectacles des médias. Ce n'est qu'une hypothèse.

Je viens de lire l'article super intéressant sur le conservatisme de Bouchard dans la revue Argument. Je me reconnais pleinement dans l'idéologie bouchardiste.

Vive le Québec libre!

Pascal