Rebonjour! Je n'ai pas détruit de temple, il m'a fallu plus de 3 jours pour rebâtir les jalons de ce blogue. M'enfin comme dirait Gaston Lagaffe, me revoilà. Et dans quoi, une surenchère d'actualité. Deux choix s'imposent à nous en ces jours moroses: la grippe A(H1N1) et l'Omertà version Montréal. Je traiterai ultérieurement dans ce nid de guêpes qui a besoin de quelques coups de pieds bien placés et de quelques exterminateurs plus que motivés. Mais pour l'instant, je reproduis ci-bas un article que j'ai rédigé pour le compte du journal étudiant de l'Université du Québec à Chicoutimi, le Griffonnier.
Les dessous de la grippe A(H1N1)
Depuis plusieurs siècles, au fur et à mesure que l’être humain se targue d‘améliorer son mode de vie, l’espérance de vie a progressé de manière spectaculaire. Cependant, le combat contre les maladies infectieuses semble s’apparenter au mythe de Sisyphe, toujours à recommencer. Sauf qu’au lieu de gravir éternellement une roche sur une montagne, l’humanité a lutté successivement contre le choléra et la peste bubonique au Moyen Âge, a encaissé le Grippe Espagnole au début du XXe siècle. De manière plus récente, souvenons-nous des épidémies de grippe aviaire ainsi que du Syndrome Respiratoire Aigu Sévère. Cette année, une nouvelle souche de grippe, la désormais célèbre A(H1N1), est élevée au stade de pandémie depuis quelques mois. Des campagnes majeures de vaccination débutent dans la plupart des pays du monde. Plusieurs interrogations subsistent quant à la nécessité de la vaccination massive et sur le protocole d’approbation du vaccin. De plus, un nombre grandissant de théories conspirationistes foisonnent sur la toile, mais aussi dans le cadre de conférences publiques. Les autorités tentent de convaincre la population de se faire vacciner, la meilleure manière selon elles de réduire les impacts du virus. Entre les deux, le citoyen, dubitatif, s’interroge. Survol du développement de la grippe A(H1N1) et présentation des deux côtés de la médaille.
Le virus A (H1N1) possède quelques caractéristiques en commun avec les virus ayant causé des pandémies dans le passé :
- Nouvelle souche de virus;
- Virus transmissible d’un humain à l’autre;
- Affecte des personnes jeunes et en bonne santé.
La clé constitue la défense immunitaire que peut prodiguer le corps contre ce nouvel agent infectieux. À cet égard, il appert que « les gens de plus de 50 ans possèdent déjà les anti-corps nécessaire pour combattre le virus [1]». L’OMS a adopté le nom actuel le 30 avril 2009. Les premiers cas connus de grippe A(H1N1) sont apparus au Mexique en mai 2009. Ils ont été signalés à proximité d’un élevage de procs, d’où provient l’appellation initiale « grippe porcine ». En date du 25 septembre 2009, la grippe A(H1N1) a fait plus de 3900 morts. Plus de 300 000 cas ont été confirmés en laboratoire. Le taux de mortalité avoisine donc les 1%. Cependant, plusieurs experts considèrent que cette grippe, dans plusieurs cas, porte le « coup de grâce » à des personnes dont le système immunitaire est déjà affaibli. À titre comparatif, la grippe saisonnière tue chaque année entre 250 000 et 500 000 personnes, selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) [2].
De nombreux individus remettent en question la méthode de prévention utilisée par les autorités de la santé publique. Certains sont des adeptes de théorie du complot et les expriment à l’occasion de conférences publiques : complot des compagnies pharmaceutiques pour engendrer une opportunité financière, constitution de camps militaires aux États-Unis, modifications de la loi sur la santé publique pour décréter la vaccination obligatoire… tout y passe! Il existe cependant une grande différence entre remettre en question la motivation des autorités officielles et établir des liens de cause à effet entre la prévention de la grippe A(H1N1) et le contrôle de la population.
Le point clé des opposants à la campagne actuelle de vaccination est la possible modification de phase 6 du niveau d’alerte médicale de l’OMS, associé à une pandémie. L’OMS a décrété, le 11 juin 2009, le niveau d’alerte 6 pour qualifier la progression de la grippe A(H1N1) : elle porte alors le qualificatif de pandémie. En vertu de la définition qui a cours actuellement, le globe est divisé en six régions. La maladie se transmet entre humains, de façon soutenue, dans au moins deux pays d’une même région et dans un troisième pays d’une autre région. Plusieurs sources, dont CNN[3], affirment que l’OMS a modifié à la fin du mois d’avril la définition originale, qui référait notamment à un « énorme nombre de malades et de morts ». Un porte-parole de l’OMS a ensuite démenti cette affirmation et mentionné qu’il y avait eu de la « confusion » à ce sujet. Advenant le cas où l’OMS aurait bel et bien modifié la définition, la question devient alors centrale : quelles motivations alimenteraient un tel changement? Un désir d’augmenter le niveau de prévention ou une façon d’alimenter la peur dans les médias?
Jean-Jacques Crèvecœur a soulevé ce point lors d’une conférence tenu à l’école secondaire Lafontaine, à Chicoutimi, le 7 octobre dernier. Une cinquantaine de personnes ont assisté à celle-ci. Plusieurs points soulevés par Monsieur Crèvecœur concernaient la rectification de nombreux faits au sujet de la grippe A(H1N1), particulièrement au sujet du nombre de personnes infectées et décédées de ce virus. La crédibilité de cet interlocuteur devient plus discutable au moment d’évoquer l’arsenal législatif prêt à transformer chaque État en régime totalitaire utilisant la pandémie comme prétexte pour établir sa légitimité. Et on tombe dans la science-fiction la plus poussée au moment d’évoquer le croisement entre la grippe aviaire (H5N1) et la grippe A(H1N1) qui aurait été réalisé volontairement dans une grande compagnie pharmaceutique. Et Monsieur Crèvecœur d’évoquer la possibilité de se faire injecter une micro-puce de la taille d’un grain de sel…
Cependant, des craintes subsistent quant à la nature du vaccin. Professeur au département de chimie-biologie de l’Université du Québec à Trois-Rivières, Jacques Boisvert est préoccupé par les campagnes de vaccination massive avant la complétion des essais cliniques ne soient complétés par Santé Canada. Dans une entrevue accordée au Nouvelliste[4], il soutient les risques d’une accréditation trop rapide : «En 1976, aux États-Unis, un vaccin a joui, comme ça, d'un processus accéléré d'accréditation et on a dû arrêter la vaccination à cause des effets secondaires néfastes», se souvient-il, «dont plein de maladies auto-immunes, en particulier le syndrome de Guillain-Barré», rappelle-t-il, une maladie qui s'attaque au système nerveux. Selon le Center for Disease Control, le vaccin contre la grippe A(H1N1 (contiendra du thimerosal, un agent de conservation dont l'ingrédient actif est le mercure, une substance hautement toxique. Monsieur Boisvert déplore aussi les contradictions dans les mesures prises par les provinces : certaines vaccineront d’abord contre la grippe A(H1N1), tandis que d’autres prioriseront la lutte à la grippe saisonnière. «On annonce qu'il y aura une deuxième vague plus virulente, mais on base la modélisation sur les pandémies de 1918, 1957 et 1968, trois pandémies différentes. Or, personne ne peut affirmer qu'il y aura ou non une deuxième vague», dit-il. Marc Zafran, médecin de famille et journaliste scientifique, refuse la campagne de vaccination.
Annie-Claude Privé, résidente en médecine à l’hôpital d’Alma, soutient que la vaccination est un principe éprouvé depuis plusieurs dizaines d’années et que cette avancée technologique a permis de lutter efficacement contre de nombreux virus. En ce sens, elle considère que la Direction de la Santé publique du Québec organise un plan de contingence pour prévoir le pire, mais qu’il n’est pas ici question de susciter la panique au sein de la population. Le docteur Alain Poirier, directeur de la Santé Publique du Québec, a souligné lors de l’émission «Tout le monde en parle» l’importance de mettre toutes les chances de mettre toutes les chances de son côté. Il considère que l’important coût engendré par les vaccins en vaut la peine, pour minimiser le potentiel de dommages.
En définitive, chaque citoyen demeure libre de choisir de se faire vacciner ou pas. Craint-on davantage le virus A(H1N1) ou le vaccin? A-t-on confiance en la transparence du processus de validation du vaccin? La situation sanitaire actuelle justifie-t-elle une campagne de vaccination massive? Ces questionnements vont probablement habiter plusieurs d’entre nous au moment de prendre la décision de se faire vacciner ou non.
[1] La Pandémite, tiré de « Laut’ journal », octobre 2009
[2] Organisation mondiale de la santé, www.who.int